CHANGEMENT DE CAP, RECENTRAGE DE DIVERCITY

Bonjour à tous,

Un changement de cap s’impose sur le blog DIVERCITY.
Au départ mon intention était de récolter des informations fortes, intéressantes, que les médias n’abordent jamais ou traitent très peu et à la va-vite.
L’idée était de faire partager à mes amis une autre vision du monde. En faisant un tour sur mon blog, nous pouvons constater qu’il y a des infos dans tous les sens, un gloubiboulga d’informations en somme, donc un besoin de recentrage se fait sentir aujourd’hui.
Laissez moi vous expliquer le cheminement de ma réflexion et comment elle se traduira sur le blog DIVERCITY.

D’abord je suis un curieux de tout, je lis beaucoup, surfe énormément sur internet, regarde la télévision jusqu’à point d’heure, et écoute énormément de musique dans tous les styles.
J’aime être au courant de tout, de ce qui s’est passé, de qui se passe et de ce qui se passera, et cela dans tout les domaines ; science, écologie, musique, politique, média, pensée, art etc …
Je suis un boulimique d’information que j’aime partager !

Dans les médias, nous pouvons observer que l’on ne parle que de mauvaises nouvelles, de catastrophes, de faits divers atroces suivis de micro-trottoirs minables, des discours d’hommes politiques sans contenance, de terrorisme etc …
Comme les médias se bornent à nous mettre uniquement des catastrophes en tout genre, et bien je vais faire l’inverse. Dès aujourd’hui le Blog DIVERCITY sera exclusivement consacré à des bonnes nouvelles du monde, de gens qui ont une action positive et concrète sur le terrain, dont on ne parle jamais ou que très rarement dans les médias. Et en musique en plus !

Il y a partout dans le monde des gens qui jouent un rôle majeur pour le bien-être des populations et de la nature dans son ensemble, tous ont une action positive à travers l’éducation, dans la science, en politique, en économie, dans la santé, spirituellement, dans l’art, dans l’écologie et dans plein d’autres disciplines que nous découvrirons ensemble au fur et à mesure sur le Blog DIVERCITY, d’autres personnes comme vous et moi, dans notre quotidien, autour de nous font des choses toutes aussi importantes, peut-être en connaissez-vous ?

Que diriez vous si on mettait en lumière ces gens et leurs actions ?

Cela permettra de voir qu’il y a aussi des choses formidables et belles sur la terre, des gens talentueux qui font partager ce qu’il y a de bon et de beau en eux et potentiellement en chacun de nous, espérons que cela continuera et influencera d’autres à faire de même.

Le blog change aussi de Baseline, désormais se sera DIVERCITY ” Il y a aussi des bonnes nouvelles sur Terre”.

Vous pouvez, si vous le souhaitez, participer à enrichir le Blog également en envoyant des liens, des bonnes nouvelles, des articles etc … qui pourront être traités sur le blog.
L’envoi de bonnes nouvelles peut aussi vous concerner vous même, dans votre quotidien ou celui de votre entourage, cela peut être la naissance d’un nouvel être humain sur terre par exemple, une petite ou grande action positive. La taille ou l’ampleur de la bonne nouvelle ou de l’action n’ont aucune importance, laissez vous aller, je sais que c’est bon de partager une bonne nouvelle qui nous arrive avec les autres, ici vous avez le champs libre.

Pour se faire vous pouvez vous inscrire et envoyer vos bonnes nouvelles sur le Blog DIVERCITY, ou par mail à divercityworld@gmail.com, en n’oubliant pas de donner vos nom et prénom et la source de votre information ou le lien internet oú trouver l’information.

Voila une bonne nouvelle, à bientôt.

Omar.

PS : Avez-vous déjà goûté les M&M’s Peanut Butter ? Humm, trop bon !

Goldfrapp - Happiness

Qui est Milton Friedman ?


Avec Friedrich Hayek, Milton Friedman est sans doute le penseur qui aura le plus inspiré la révolution néolibérale. Son décès, le 16 novembre dernier, n’en marque nullement la fin, comme le démontrent à la fois les niveaux particulièrement élevés de rémunération du capital et les orientations monétaristes de certaines banques centrales, la Banque centrale européenne (BCE) en particulier.

Outre son influence intellectuelle, Milton Friedman fut un combattant. S’il a prétendu que seule « la force des événements » expliquait le triomphe de ses idées, il n’aura rien laissé au hasard. Dès 1947, il participe avec Hayek, mais aussi George Stigler et Maurice Allais, tous futurs prix « Nobel d’économie » (1), à la création de la Société du Mont-Pèlerin, une « boîte à idées » dont l’objectif déclaré était de refouler le socialisme, mais aussi plus largement la « pensée unique » keynésienne alors en vogue en Europe et aux Etats-Unis.

Mission accomplie aujourd’hui. L’orthodoxie a changé de camp. Friedman interviendra dans l’arène politique pour favoriser le triomphe de ses conceptions hostiles à une politique économique active de l’Etat contre le chômage. Aux Etats-Unis, il soutiendra Barry Goldwater (candidat républicain à l’élection présidentielle) et Ronald Reagan. Au Royaume-Uni, Mme Margaret Thatcher. Au Chili, le général Augusto Pinochet. Car, il faut le rappeler, c’est à Santiago, pas à Londres ou à Washington, que les idées de Friedman reçurent leur première application. Après le coup d’Etat du 11 septembre 1973, les syndicats et les partis de gauche chiliens n’étaient plus en mesure de résister à la « thérapie de choc » rêvée par les économistes « libéraux » de l’université de Chicago.

Pour Milton Friedman, les priorités économiques étaient la lutte contre l’inflation et celle contre les déficits publics. Combattre la hausse des prix imposait, selon lui, de ramener le rythme de création monétaire à un niveau si bas qu’il rendrait l’argent plus cher (taux d’intérêts), interdisant ainsi à l’Etat de financer trop commodément ses déficits. La technique n’excluait pas d’autres thérapies néolibérales devenues familières depuis vingt-cinq ans. « Comment pourra-t-on jamais ramener l’Etat à de justes proportions ? interrogeait Milton Friedman. Je pense qu’il n’y a qu’une façon : celle dont les parents contrôlent les dépenses excessives de leurs enfants, en diminuant leur argent de poche. Pour un gouvernement, cela signifie réduire les impôts. » Quant à l’existence du chômage, elle s’expliquait surtout par un coût du travail (salaire) trop élevé et par des prestations sociales trop importantes, c’est-à-dire susceptibles d’inciter les sans-emploi à refuser de vendre leur force de travail au coût du marché.

C’est, grosso modo, ce que rabâche l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) depuis vingt-cinq ans (2). Garantir le capital contre l’érosion monétaire, mieux rémunérer les créanciers, réduire la progressivité de l’impôt, réduire le niveau réel salaires : aucun de ces remèdes, on l’a compris, ne s’est révélé particulièrement éprouvant pour les détenteurs de fortunes…

Paradoxalement, c’est aujourd’hui l’Europe plus que les Etats-Unis qui semble suivre à la lettre certaines des recommandations de Milton Friedman. C’est en particulier le cas en matière monétaire. Davantage que la Réserve fédérale américaine, la BCE, toute-puissante et affranchie de tout contrôle politique, semble obsédée par la menace — pourtant inexistante — de l’inflation et dédaigneuse des risques pour l’emploi d’une politique de taux élevés, de crédit cher. Résultat : la valeur de l’euro vient de franchir la barre de 1,30 dollar. Car, de leur côté, les autorités américaines semblent encourager la baisse de leur monnaie pour exporter plus facilement et retarder l’incidence d’une récession.

Puisque Milton Friedman reste à ce point vivant, en particulier en Europe, peut-être faut-il rappeler la manière dont Paul Douglas, qui enseigna en même temps que lui l’économie à l’université de Chicago avant de devenir sénateur de l’Illinois, résuma il y a plus de vingt ans les certitudes de ses anciens collègues. Elles semblent avoir fait école : « Ils croyaient que les décisions du marché étaient toujours bonnes, et les valeurs du profit au-dessus de tout. Leur doctrine anti-interventionniste avait pour effet pratique de dégager la voie pour les grosses entreprises. Ils balayaient les inégalités de pouvoir, de savoir et de revenu, les réalités du monopole, du quasi-monopole ou de la concurrence imparfaite, en les traitant comme quelque chose de subalterne ou d’inexistant. Les opinions de mes collègues auraient ramené l’Etat à ses fonctions du XVIIIe siècle — justice, police et armée — dont j’estimais qu’elles étaient insuffisantes pour cette époque, et plus encore pour la nôtre. »

Serge Halimi - www.monde-diplomatique.fr/carnet/2006-11-30-Milton-Friedman - 23k

Milton Friedman est un économiste américain né le 31 juillet 1912 à New York et décédé le 16 novembre 2006 à San Francisco, considéré comme l’un des économistes les plus influents du XXe siècle[1]. Titulaire du prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel de l’année 1976[2],[3], il a été un ardent défenseur du libéralisme. Il a travaillé sur des domaines de recherche aussi bien théorique qu’appliquée, il fut à l’origine du courant monétariste ainsi que le fondateur de l’École monétariste de Chicago, ainsi qu’un commentateur politique et essayiste à succès.

Deux de ses œuvres ont particulièrement touché le grand public : d’abord son livre Capitalisme et liberté (1962) et ensuite sa série d’interventions télévisées réalisées en 1980 Free to Choose. Dans Capitalisme et liberté il explique sa théorie selon laquelle la réduction du rôle de l’État dans une économie de marché est le seul moyen d’atteindre la liberté politique et économique. Plus tard, dans La liberté du choix, Friedman cherche à démontrer la supériorité du libéralisme sur les autres systèmes économiques.

Milton Friedman initia une pensée économique d’inspiration libérale dont les prescriptions s’opposent de front à celle du keynésianisme. En réponse à la fonction de consommation keynésienne, il développa la théorie du revenu permanent. Avec cette théorie et l’introduction du taux de chômage naturel, Friedman remet en cause le bien fondé des politiques de relance qui, pour lui, ne peuvent que provoquer de l’inflation contre laquelle il faut lutter. À cette fin, il proposa l’instauration d’un taux constant de croissance de la masse monétaire.

Ses idées se diffusèrent progressivement et devinrent populaires parmi les milieux politiques dans les années 1980, influençant profondément les mouvements conservateurs et libertariens américains. Ses idées économiques sur le monétarisme, la fiscalité, les privatisations et la dérèglementation furent dès lors mises en place par de nombreux gouvernements à travers le monde, notamment ceux de Ronald Reagan aux États-Unis, de Margaret Thatcher en Grande-Bretagne, d’Augusto Pinochet au Chili, ou de Brian Mulroney au Canada.

Milton Friedman (July 31, 1912 – November 16, 2006) was an American Nobel Laureate economist and public intellectual. He is best known among scholars for his theoretical and empirical research, especially consumption analysis, monetary history and theory, and for his demonstration of the complexity of stabilization policy.[1] A global public followed his restatement of a libertarian political philosophy that insisted on minimizing the role of government in favor of the private sector. As a leader of the Chicago School of economics, based at the University of Chicago, he had a widespread influence in shaping the research agenda of the entire profession. Friedman’s many monographs, books, scholarly articles, papers, magazine columns, television programs, videos and lectures cover a broad range of topics in microeconomics, macroeconomics, economic history, and public policy issues. The Economist hailed him as “the most influential economist of the second half of the 20th century…possibly of all of it”.[2]

Originally a Keynesian supporter of the New Deal and advocate of high taxes, in the 1950s his reinterpretation of the Keynesian consumption function challenged the basic keynesian model. In the 1960s he promoted an alternative macroeconomic policy called monetarism. He theorized there existed a “natural rate of unemployment” and he argued the central government could not micromanage the economy because people would realize what the government was doing and shift their behavior to neutralize the impact of policies. He rejected the Phillips Curve and predicted that Keynesian policies would cause “stagflation” (high inflation and low growth). He argued that a steady expansion of the money supply was the only wise policy, and warned against efforts by the treasury or central bank to do otherwise.

Influenced by his close friend George Stigler, Friedman opposed government regulation of all sorts, as well as public schooling. Friedman’s political philosophy, which he considered classically liberal and libertarian, stressed the advantages of the marketplace and the disadvantages of government intervention and regulation, strongly influencing the outlook of American conservatives and libertarians. In his 1962 book Capitalism and Freedom, Friedman advocated minimizing the role of government in a free market as a means of creating political and social freedom. His books and essays were widely read and even circulated underground behind the Iron Curtain.[3][4]

Friedman’s methodological innovations were widely accepted by economists, but his policy prescriptions were highly controversial. Most economists in the 1960s rejected them, but since then they had a growing international influence (especially in the U.S. and Britain), and in the 21st century have gained wide acceptance among many economists. He thus lived to see some of his laissez-faire ideas embraced by the mainstream,[5] especially during the 1980s. His views of monetary policy, taxation, privatization and deregulation informed the policy of governments around the globe, especially the administrations of Ronald Reagan in the U.S., Brian Mulroney in Canada, Margaret Thatcher in Britain, and Augusto Pinochet in Chile, and (after 1989) in Eastern Europe.

Wikipedia

1 - Noam Chomsky: Is Capitalism Making Life Better? 2 - Naomi Klein: Disaster Capitalism.

Liste rouge 2007 des espèces menacées : escalade de l’extinction

Liste rouge 2007 des espèces menacées : escalade de la crise de l'extinction
Poisson-cardinal de l’île de Banggai en aquarium
crédit : Pharaoh Hound

La Liste rouge de l’Union mondiale pour la nature (UICN) des espèces menacées dresse régulièrement le bilan de l’état des plantes et des animaux de la planète. Cette Liste fait autorité dans le monde. L’édition 2007 renouvelle l’appel à la mobilisation face à la crise mondiale de l’extinction des espèces sauvages : la vie sur Terre disparaît rapidement et continuera de disparaître si des mesures ne sont pas prises de toute urgence.

La Liste rouge de l’UICN répertorie désormais 41 415 espèces dont 16 306 sont menacées d’extinction (contre 16 118 l’an dernier). Le nombre total d’espèces éteintes a atteint le chiffre de 785 et 65 autres n’existent qu’en captivité ou en culture.

Un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un tiers de tous les amphibiens et 70% de toutes les plantes évaluées dans la Liste rouge de l’UICN 2007 sont en péril.

Julia Marton-Lefèvre, Directrice Générale de l’Union mondiale pour la nature (UICN), déclare : « La Liste rouge de l’UICN de cette année démontre que les efforts inappréciables déployés à ce jour pour protéger les espèces sont insuffisants. Le rythme de l’érosion de la biodiversité s’accélère et nous devons agir sans plus attendre pour le réduire de manière significative et pour mettre un terme à cette crise mondiale de l’extinction. Nous pouvons le faire mais uniquement dans le cadre d’un effort concerté à tous les niveaux de la société. »

La Liste rouge de l’UICN des espèces menacées est largement reconnue comme l’évaluation la plus fiable du statut des espèces de la planète. Elles y sont classées selon le risque d’extinction et la Liste met clairement en lumière le déclin continu de la diversité biologique mondiale et les impacts de l’humanité sur la vie sur Terre.
Jane Smart, Chef du Programme de l’UICN pour les espèces, explique : « Nous devons connaître l’état précis des espèces pour pouvoir prendre les mesures qui s’imposent. C’est ce que fait la Liste rouge de l’UICN en mesurant l’état de la diversité biologique à l’échelon mondial, le rythme auquel elle disparaît et les causes du déclin.
« Nos vies sont intimement liées au sort de la diversité biologique et, au bout du compte, sa protection est essentielle à notre propre survie. Le monde commence à réagir à la crise actuelle de perte de la diversité biologique et a besoin de l’information donnée par la Liste rouge de l’UICN pour concevoir et appliquer des stratégies de conservation efficaces – dans l’intérêt de l’homme et de la nature. »

Quelques instantanés de la Liste rouge de l’UICN de cette année

Le déclin des grands singes

Une nouvelle évaluation de nos parents les plus proches, les grands singes, révèle un tableau plutôt sombre. Le gorille de l’ouest (Gorilla gorilla) est passé de la catégorie ‘En danger’ à ‘En danger critique d’extinction’. On a, en effet, découvert que la principale sous-espèce, le gorille de plaine occidental (Gorilla gorilla gorilla), a été décimée par le commerce de la viande de brousse et le virus Ebola. Depuis 20 à 25 ans, la population a diminué de plus de 60 % et environ un tiers de la population totale présente dans les aires protégées a succombé au virus Ebola depuis 15 ans.

L’orang-outan de Sumatra (Pongo abelii) reste dans la catégorie ‘En danger critique d’extinction’ et l’orang-outan de Bornéo (Pongo pygmaeus) dans la catégorie ‘En danger’. Tous deux sont menacés par la perte d’habitat due à l’exploitation licite et illicite du bois et au défrichage des forêts pour faire place à des plantations de palmiers à huile. À Bornéo, la superficie des plantations de palmiers à huile est passée de 2000 km² à 27 000 km² entre 1984 et 2003 ce qui ne laisse que 86 000 km² d’habitat disponible pour l’espèce dans toute l’île.

Première apparition des coraux sur la Liste rouge de l’UICN

Pour la première fois, des coraux ont été évalués et inscrits sur la Liste rouge de l’UICN. Dix espèces des Galápagos ont fait leur entrée sur la Liste dont deux dans la catégorie ‘En danger critique d’extinction’ et une dans la catégorie ‘Vulnérable’. Rhizopsammia wellingtoni a été classé ‘En danger critique d’extinction’ (Peut-être éteint). Pour ces espèces, les menaces principales sont les effets du phénomène El Niño et des changements climatiques.
Par ailleurs, 74 algues des îles Galápagos ont été inscrites sur la Liste rouge de l’UICN. Dix sont jugées ‘En danger critique d’extinction’ et six d’entre elles ‘Peut-être éteintes’. Les espèces d’eau froide sont menacées par les changements climatiques et l’augmentation de la température des mers qui caractérise El Niño. Les algues sont aussi indirectement affectées par la surpêche qui élimine les prédateurs de la chaîne alimentaire et favorise ainsi la prolifération des oursins et d’autres herbivores consommateurs d’algues.

Le dauphin d’eau douce du Yangtze En danger critique d’extinction (Peut-être éteint)

Après une recherche intensive, mais infructueuse, en novembre et décembre de l’année dernière, le dauphin d’eau douce du Yangtze, ou Baiji (Lipotes vexillifer) a été inscrit dans la catégorie ‘En danger critique d’extinction’ (Peut-être éteint). Si le dauphin n’a pas été placé dans la catégorie supérieure, c’est qu’il faudra mener d’autres études avant de le classer définitivement ‘Éteint’. Une observation possible, signalée fin août 2007, est en train d’être vérifiée par des experts scientifiques chinois. Pour cette espèce, les principales menaces sont la pêche, le transport fluvial, la pollution et la dégradation de l’habitat.

Le gavial (Gavialis gangeticus), crocodile de l’Inde et du Népal, est aussi confronté aux menaces de la dégradation de son habitat et a été déplacé de la catégorie ‘En danger’ à ‘En danger critique d’extinction’. Récemment, sa population a chuté de 58 % – de 436 adultes reproducteurs en 1997 à 182 en 2006. Les barrages, les projets d’irrigation, l’exploitation du sable et les digues artificielles ont envahi son habitat, le réduisant à 2 % de l’aire de répartition d’origine.

Les vautours en crise

Cette année, le nombre total d’oiseaux répertoriés dans la Liste rouge de l’UICN s’élève à 9956 dont 1217 sont menacés. En Afrique et en Asie, les vautours sont sur le déclin et le classement de cinq espèces dans la Liste rouge a été modifié. En Asie, le vautour royal (Sarcogyps calvus) est passé de ‘Quasi menacé’ à ‘En danger critique d’extinction’ tandis que le vautour percnoptère (Neophron percnopterus) est passé de ‘Préoccupation mineure’ à ‘En danger’. Depuis huit ans, le déclin rapide des oiseaux est poussé par l’utilisation d’un médicament, le diclofenac, pour traiter le bétail.

En Afrique, trois espèces de vautours ont fait l’objet d’une nouvelle classification, notamment le vautour à tête blanche (Trigonoceps occipitalis), passé de ‘Préoccupation mineure’ à ‘Vulnérable’, le vautour africain (Gyps africanus) et le vautour de Rüppell (Gyps rueppellii), tous deux passés de ‘Préoccupation mineure’ à ‘Quasi menacé’. Le déclin des oiseaux est dû au manque de nourriture, avec la réduction du nombre de mammifères sauvages herbivores, à la perte d’habitat et à la collision avec les lignes à haute tension. Ils ont également été empoisonnés par des carcasses délibérément aspergées d’insecticide pour éliminer les prédateurs du bétail tels que les hyènes, les chacals et les grands félins. Malheureusement ces carcasses tuent aussi les vautours.

Des reptiles nord-américains ajoutés à la Liste rouge de l’UICN

Suite à une vaste évaluation, 723 reptiles mexicains et nord-américains ont été ajoutés à la Liste rouge de l’UICN ce qui porte le total à 738 reptiles inscrits pour la région. Parmi eux, 90 sont menacés d’extinction. Deux tortues d’eau douce mexicaines, Trachemys taylori et Trachemys ornata, sont inscrites dans les catégories ‘En danger’ et ‘Vulnérable’, respectivement. Toutes deux sont menacées par la perte d’habitat. Le crotale mexicain Crotalus catalinensis, persécuté par les collectionneurs qui le chassent illégalement, a également rejoint la Liste dans la catégorie ‘En danger critique d’extinction’.

Plantes en péril

Sur la Liste rouge de l’UICN, il y a maintenant 12 043 plantes dont 8447 sont menacées. Le bégonia Begonia eiromischa est la seule espèce à avoir été déclarée ‘Éteinte’ cette année. Cette plante de Malaisie n’est connue que par des prélèvements réalisés en 1886 et 1898 sur l’île de Penang. Des activités de recherche intenses, dans les forêts voisines, n’ont permis de trouver aucun spécimen depuis 100 ans.

L’abricot sauvage Armeniaca vulgaris d’Asie centrale a été évalué et fait son entrée dans la Liste rouge de l’UICN pour la première fois dans la catégorie ‘En danger’. L’espèce est l’ancêtre direct de plantes largement cultivées dans de nombreux pays dans le monde mais sa population diminue à mesure que son habitat fait place à des infrastructures touristiques et à l’exploitation pour le bois, l’alimentation et le matériel génétique.

Le poisson-cardinal de l’île de Banggai victime du commerce pour les aquariums

La surpêche maintient la pression sur de nombreuses espèces de poissons, tout comme la demande du commerce pour les aquariums. Le poisson-cardinal de l’île de Banggai ou apogon de Kaudern (Pterapogon kauderni), très recherché par les amateurs d’aquariums, est inscrit pour la première fois sur la Liste rouge de l’UICN, dans la catégorie ‘En danger’. Ce poisson que l’on ne trouve que dans l’archipel de Banggai, près des Célèbes, en Indonésie, est très lourdement exploité : on en prélève environ 900 000 par an. Les spécialistes de la conservation prônent l’élevage de ce poisson en captivité pour les aquariums afin que les populations sauvages aient une chance de se reconstituer.

Ces instantanés de la Liste rouge de l’UICN 2007 ne sont que quelques exemples illustrant la disparition rapide de la diversité biologique à l’échelle du Globe. La disparition des espèces a une incidence directe sur notre vie. La diminution du nombre de poissons d’eau douce, par exemple, prive les communautés rurales pauvres non seulement de leur principale source alimentaire mais aussi de leurs moyens d’existence.

La perte des espèces est notre propre perte

Il arrive que les mesures de conservation puissent ralentir la perte de diversité biologique mais il reste de nombreuses espèces auxquelles il faudrait consacrer plus d’attention. Cette année, une seule espèce a été transférée vers une catégorie de menace inférieure. La perruche de Maurice (Psittacula eques) qui, il y a 15 ans, était un des perroquets les plus rares au monde, est passée de la catégorie ‘En danger critique d’extinction’ à ‘En danger’. Cette amélioration est le résultat de bonnes mesures de conservation, notamment la surveillance étroite des sites de nidification et l’apport de nourriture supplémentaire, associées à un programme d’élevage en captivité et de lâcher.
Jean-Christophe Vié, Chef adjoint du Programme de l’UICN pour les espèces, déclare : « Notre expérience nous montre que les programmes de conservation peuvent donner de bons résultats mais, malheureusement, cette année, nous n’annonçons d’amélioration que pour une seule espèce. C’est très inquiétant compte tenu des engagements pris par les gouvernements, par exemple l’objectif 2010 de réduction du taux de perte de la biodiversité. Cela montre, à l’évidence, que nous devons redoubler d’efforts pour soutenir les travaux des milliers de personnes enthousiastes qui luttent, chaque jour, dans le monde entier, pour préserver la diversité de la vie sur cette planète.»

Holly Dublin, Présidente de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN, ajoute : « les réseaux de la conservation qui consacrent leurs efforts à la lutte contre la crise de l’extinction, comme la Commission de la sauvegarde des espèces, sont efficaces. Ils ont cependant besoin qu’on les aide et qu’on les appuie financièrement bien davantage car tous seuls, ils sont impuissants. Le défi que représente la crise de l’extinction doit aussi retenir l’attention du grand public, du secteur privé, des gouvernements et des décideurs politiques si l’on veut que la diversité biologique mondiale soit transmise intacte aux générations à venir. »

Les principales conclusions

- Dans presque tous les grands groupes taxonomiques, le nombre d’espèces menacées augmente.
- Les indices Liste rouge, un nouvel outil de mesure des tendances du risque d’extinction sont importants pour le suivi des progrès vers l’objectif 2010 de réduction de la perte de biodiversité. Ils sont disponibles pour les oiseaux et les amphibiens et montrent que leur état s’est constamment détérioré depuis les années 1980. Un indice Liste rouge de l’UICN peut être calculé pour tout groupe ayant été évalué au moins deux fois.
- La plupart des oiseaux, mammifères et amphibiens menacés se trouvent dans les régions tropicales continentales – là où l’on trouve des forêts tropicales caducifoliées qui abriteraient la majorité des espèces terrestres et d’eau douce de la planète.
- Parmi les pays évalués, l’Australie, le Brésil, la Chine et le Mexique possèdent un nombre d’espèces menacées particulièrement élevé.
- Les estimations varient fortement mais le taux d’extinction actuel est au moins 100 à 1000 fois supérieur au taux naturel.
- Depuis 1500 de notre ère, la vaste majorité des extinctions s’est produite sur les îles océaniques mais depuis 20 ans, les extinctions continentales sont devenues aussi communes que les extinctions insulaires.

En savoir plus

Consulter la nouvelle Liste rouge 2007 (en anglais)
Aider l’UICN dans sa lutte contre la crise de l’extinction
Notre page sur la biodiversité
En discuter sur notre forum dédié à l’environnement et la biodiversité

www.notre-planete.com - 14/9/2007

Un pi grec dans la campagne anglaise

Dans le Wiltshire, un “cercle de culture” inexpliqué est venu s’ajouter à d’autres. Des scientifiques qui ont étudié cette figure y ont trouvé la représentation graphique de pi…
Le crop circle du Wiltshire est apparu dans un champ d’orge en juin dernier
Photo © Lucy Pringle

Si les extraterrestres sont réellement les auteurs des “cercles” qui apparaissent l’été dans les champs de blé de l’Angleterre, ils connaissent le nombre pi (3,1415926…), l’un des nombres extraordinaires des mathématiques, qui représente le rapport constant entre la circonférence d’un cercle et son diamètre. Le dessin retrouvé au début du mois de juin dans un champ d’orge à Barbury Castle ressemblait aux nombreuses figures qui peuplent les champs anglais à cette période de l’année ; il a été photographié d’en haut par Lucy Pringle, la chercheuse qui, depuis plus de dix ans, survole inlassablement la campagne à la recherche de crop circles, ou cercles de culture [des agroglyphes, en français]. La figure de plus de 45 mètres de diamètre découverte sur une colline du Wiltshire est visible en ligne sur le site de la chercheuse () aux côtés d’autres images apparues ce mois-ci. Ce cercle n’est même pas l’un des plus beaux : une ligne en spirale qui converge vers le centre, interrompue par endroits par d’inexplicables crans, convergeant également vers le centre. Pourtant, ce dessin d’apparence banale cache une structure extrêmement complexe, qu’a décryptée un astrophysicien à la retraite, Mike Reed. Si on complète la figure en traçant les rayons du cercle correspondant aux différents crans, le message secret se révèle au grand jour : il s’agit du nombre 3,141592654, très exactement des neuf premiers chiffres du nombre pi, suivis d’un 4 au lieu d’un 3 [4 étant la valeur arrondie normale qui doit apparaître après le 5 si on décide de ne donner que les neuf premières décimales]. D’après le professeur Reed, le tout petit cercle, à droite du centre de la figure, représente la virgule du nombre pi ; pour un chercheur versé en mathématiques tel que lui, le reste du problème a été relativement facile. Nous nous souvenons tous des leçons apprises sur les bancs de l’école : le nombre pi permet de calculer l’aire d’un cercle. Mais, parmi tous les nombres, il appartient à une catégorie qui semble venir d’un autre monde. Il est membre de la famille des nombres irrationnels : il ne peut être écrit comme le quotient de deux nombres entiers. En outre, il est transcendant et non algébrique ; il est donc impossible de l’exprimer en employant un nombre fini d’entiers. C’est certes un peu compliqué à formuler, mais le nombre pi nous explique en substance pourquoi la quadrature du cercle est impossible, pourquoi, en effet, on ne peut réaliser avec une règle et un compas un carré de la même aire qu’un cercle donné.
Le Wiltshire est une région obnubilée par les cercles depuis l’époque du célèbre monument mégalithique de Stonehenge. Plusieurs cercles ont été découverts dans cette contrée : en 1991, le dessin d’une fractale de Benoît Mandelbrot (dans un autre champ de blé) ; en 1996, le Julia Set, et, en 1997, les cercles de Koch. Toutes ces figures sont bien connues des physiciens et des mathématiciens, qui s’extasient devant leur passionnante complexité. Non loin de là, à Milk Hill, la mère de tous les crop circles (ou cercles de culture) a été découverte en 2001 : une superbe figure en spirale, d’une harmonie sans égale, composée de 400 cercles de différentes dimensions, s’étendant sur 90 000 mètres carrés. Ces figures ont toutes été patiemment classées par Lucy Pringle : ces dernières années, la chercheuse a rassemblé (et mis à la disposition de tous) une base de données extraordinaire – mais plutôt inquiétante – de ce phénomène mystérieux : les scientifiques ont de plus en plus de mal, en effet, à l’attribuer (pour nous rassurer) à quelques farceurs qui couperaient le blé, la nuit, avec une faucheuse. De tels farceurs existent sans nul doute, et certains ont même avoué leurs méfaits. De nombreux chercheurs se sont penchés sur la question, et en ont conclu que ces individus ne sont pas les auteurs des dessins les plus complexes. Si l’on observe les figures de près, sur le terrain, un certain nombre d’éléments demeurent inexpliqués : les épis de blé (ou d’orge) ne sont pas coupés, mais pliés en forme de spirale, comme écrasés par un tourbillon. Les tiges présentent des malformations tout à fait étranges ; dans le champ, l’air est souvent ionisé. Enfin, sur le sol, on a retrouvé des microsphères de fer. Autour des “cercles”, on ne distingue aucune trace de piétinement. Il serait également impossible de dessiner des formes aussi compliquées, dans l’obscurité, en une seule nuit. Les figures les plus belles naissent tous les étés, en juin et en juillet, dans les sites les plus mystérieux d’Angleterre : Avebury, Silbury Hill, Stonehenge. Des sites où se trouvent des vestiges de civilisations préhistoriques qui ont dessiné de grands chevaux sur des collines, construit des monticules pour leurs morts et transporté des mégalithes sur des centaines de kilomètres – on ne sait pas par quel moyen – pour réaliser des cercles de pierre dont aujourd’hui encore nous ne saisissons pas précisément le sens. Le mystère reste entier. La nouvelle ère des “cercles” dans les champs de blé ne fait que commencer.

Courrier International - Vittorio Sabadin (La Stampa) - 6 Octobre 2008

1 - Nujabes feat. Uyama Hiroto - Windspeaks (Feel the wind). 2 - Nujabes feat. Uyama Hiroto - River Flute.

Jazzanova feat. Clara Hill - No Use

La demande en emploi dans l’environnement reste supérieure à l’offre pourtant dynamique

La demande en emploi dans l\'environnement supérieure à l\'offre pourtant dynamique
crédit : IEA SolarPACES

L’Institut français de l’Environnement (Ifen) vient de publier une étude intitulée « Le dynamisme des formations environnementales à l’épreuve du marché du travail ». Celle-ci décrit notamment l’évolution des formations dans le domaine de l’environnement.

Selon l’étude de l’Ifen, “en septembre 2005, 37 400 élèves et étudiants se répartissaient dans des formations initiales techniques et professionnelles en environnement, pour les diplômes allant du CAP à la licence professionnelle. En huit ans, les inscrits en dernière année de ces formations ont crû de 18 %, contre 4 % pour l’ensemble des formations.” Pourtant, si les domaines de l’aménagement du territoire et de la nature sont très attractifs, les effectifs en protection de la nature semblent en surabondance au regard des emplois disponibles sur le marché du travail…

En effet, toujours d’après l’étude de l’Ifen, “les inscrits en formations initiales ont augmenté de 9 % entre 1997 et 2005. Parallèlement, les offres d’emploi ont été multipliées par trois, ce qui s’explique par une évolution très dynamique de l’emploi environnemental au cours de cette période.” Pourtant, cette embellie n’a pas été suffisante pour satisfaire la demande plutôt orientée dans les formations du domaine « nature, milieux et équilibres écologiques », alors que les offres d’emploi sont concentrées dans les métiers relatifs au domaine « pollutions, nuisances et risques ».
De plus, les nouveaux postes disponibles ont également été pourvus par des personnes ayant déjà un emploi ou en situation de reconversion professionnelle.
Enfin, l’augmentation du nombre des offres s’accompagne de la diminution de la durée des contrats proposés… A ce titre, on constate l’importance de l’emploi précaire dans le domaine de l’environnement et notamment des études ou les stages et les contrats à durée déterminée sont nombreux et témoignent d’un marché finalement encore assez fragile et timide.

Espérons que le projet de loi du Grenelle de l’Environnement, qui préconise d’intégrer l’éducation à l’environnement à l’ensemble des cursus généralistes et professionnels, soit un levier supplémentaire pour que les futurs employeurs et décideurs intégre notamment la dimension environnementale à leurs activités.

En savoir plus

Notes

Animé par l’Ifen, l’Observatoire et réseau des métiers et emplois de l’environnement (Orme) a été constitué pour rendre compte de la situation et de l’évolution des formations, métiers et emplois de l’environnement en France. Il rassemble, produit et diffuse des données chiffrées, études et publications concernant tant le niveau national que local. L’Orme s’intéresse également aux projets européens et internationaux.

www.notre-planete.info 02/10/2008

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1 - Menaces sur le Gulf Stream ? 2 - Le débit du Gulf Stream ralentit, vers un refroidissement en Europe ?

Le débit du Gulf Stream ralentit, vers un refroidissement en Europe ?
La circulation thermohaline
crédit : UNEP

Une nouvelle étude note que le débit du Gulf Stream aurait diminué de façon significative, ce qui pourrait entraîner un refroidissement climatique majeur en Europe

C’est la revue scientifique britannique Nature qui a publié le 1er décembre les résultats d’une étude menée par Harry Bryden, Stuart Cunningham et Hannah Longworth, du National Oceanography Centre, de Southampton.
Régulièrement (1957, 1981, 1992 et 1998) des navires de recherche et des capteurs effectuent des sondages près du 25e parallèle pour connaître la température de l’eau, la pression, la salinité, la vitesse et la direction des courants de surface et du fond des océans. Ainsi, ils obtiennent une mesure de l’intensité du Gulf Stream.
Ces données valables pour 2004, enregistrent depuis 1957 une baisse de 30% du débit la dérive nord-Atlantique qui est passé de 20 millions de tonnes d’eau/seconde à 14 millions de tonnes d’eau/seconde. Si le Gulf Stream, en surface, évolue peu, les courants de retour les plus profonds auraient diminué de 50%. Ces résultats se retrouvent dans certaines simulations océaniques mais dans des proportions plus modestes.

“Les études précédentes menées au cours des 50 dernières années montraient une circulation océanique et un transport de chaleur de part et d’autre du 25e parallèle relativement constant. C’est pour cela que nous avons été surpris que les chiffres de la circulation océanique en 2004 soient si différents des estimations précédentes”, a relevé le Pr Bryden.

Le réchauffement climatique en cause
D’après les scientifiques du National Snow and Ice Data Center, la banquise arctique se réduisait d’environ 8% tous les dix ans. Un phénomène inquiétant qui s’amplifie et semblerait devenir durable puisque ces quatre dernières années, la formation de glace durant l’hiver a été de 20% inférieure à la période 1978-2000, et que la température moyenne à la surface de l’océan Arctique était, entre janvier et août 2005, de 2 à 3 degrés Celsius plus élevée qu’au cours des cinquante dernières années.
Lorsque la banquise fond, le niveau de l’eau n’augmente pas pour autant puisque le passage de l’état solide à l’état liquide de l’eau n’induit pas une augmentation du volume d’eau. C’est la fonte des glaciers terrestres qui contribue à l’élévation du niveau des océans. Il n’y a donc pas, ici, d’élévation possible du niveau des océans.
Pour autant, en fondant, la banquise introduit un suprlus d’eau douce qui pourrait contribuer à freiner la circulation thermohaline qui redistribue la chaleur sur Terre.

Vers un nouvel âge glaciaire en Europe ?
“Les implications de ces observations sont considérables”, estime Detlef Quadfasel, chercheur à l’institut d’océanographie de l’université de Hambourg (Allemagne), dans un commentaire publié par Nature. “Les relevés paléoclimatiques montrent que les températures de l’hémisphère Nord peuvent s’effondrer de plus de 10 ºC en quelques décennies et que ces changements abrupts sont intimement liés à des interruptions de la circulation océanique.”

La dérive nord-atlantique qui adoucit le climat de l’Europe occidentale transporte une partie de la chaleur tropicale du golfe du Mexique vers l’Atlantique nord, c’est la prolongation du Gulf Stream. Ce courant joue un rôle majeur dans l’équilibre climatique que nous connaissons.
“La chaleur qu’elle transporte apporte une contribution substantielle au climat modéré de l’Europe maritime et continentale et tout ralentissement de la circulation océanique aurait des implications profondes pour les changements climatiques”, affirme l’étude.
L’interruption de la circulation océanique dans l’Atlantique pourrait faire baisser, d’ici à 2100 de 4°C les températures moyennes en Europe, ce qui plongerait notre continent dans des hivers très rigoureux avec des zones de froid localisés… Rien de comparable pour autant avec une glaciation en Europe.

La circulation thermohaline
Stéphane Foucart, dans son article dans le journal Le Monde, précise que “le Gulf Stream se divise en deux flux de retour. Le premier - qui circule dans le sens des aiguilles d’une montre - est constitué d’un courant de surface chaud, qui descend vers les côtes de l’Afrique de l’Ouest pour revenir ensuite vers l’Amérique centrale. Le second monte vers l’Atlantique nord, s’y refroidit et, ayant ainsi acquis une densité supérieure, plonge pour se transformer en courant profond. Ces eaux profondes retournent quant à elles à leur point de départ en descendant le long des côtes nord-américaines.”
En effet, au niveau planétaire, actuellement, les eaux de surface des mers de Norvège et du Labrador, plus salées avec la formation de glace, plongent entre 2 000 et 4 000 mètres de profondeur (on parle de l’Eau Profonde Nord Atlantique) et circulent lentement vers les autres bassins océaniques. Dans le même temps, les eaux tropicales chaudes de surface remontent notamment vers le pôle Nord. Cette circulation lente (environ 1 500 ans) atténue les différences de températures entre les latitudes.

Un phénomène complexe encore peu prévisible
Ce phénomène est toutefois très complexe et les physiciens ajustent régulièrement leurs modèles climatiques pour tenter de prévoir les conséquences de cet affaiblissement. A ce titre, ils sont demandeurs de relevés encore plus précis et réguliers. Alain Colin de Verdière, professeur d’océanographie physique à l’université de Brest note à ce titre que “les mesures ont été faites sur une seule section et au cours d’une période très courte, environ un mois. Rien ne dit que ces mesures auraient été les mêmes deux mois ou un an plus tard.” De plus, remarque Didier Paillard, chercheur au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement, “l’océan est observé depuis peu de temps et nous n’avons pas le recul nécessaire pour avoir l’absolue certitude que les changements mesurés ne sont pas, par exemple, le fait de variations naturelles”. Un fait que ne contestent pas les auteurs de l’étude qui confirment pour autant les simulations climatiques réalisés avec le réchauffement de la Terre.

Cette hypothèse qui est très loin de faire l’unanimité dans la communauté scientifique est toutefois de plus en plus acceptée comme une hypothèse probable car l’étude des climats passés montre que l’affaiblissement et le la disparition temporaire du Gulf Stream a eu des précédents.
Le dernier coup de froid enregistré dans les glaces du Groenland et en Europe s’est produit non pas en période glaciaire, mais il y a 8 200 ans au coeur de la période chaude actuelle. Il résulte d’un apport massif d’eau douce dans l’Atlantique nord depuis la Baie d’Hudson : cet évènement montre que, même en période interglaciaire, un apport massif d’eau douce peut entraîner un refroidissement significatif (typiquement 5°C pendant 40 à 200 ans) (Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement, 11/2004). Si cet épisode devait se reproduire, le réchauffement climatique en cours serait alors, pour l’Europe occidentale, fortement atténué, voire inexistant.

www.notre-planete.info  6/12/2005